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coran

  • Le miracle du Fer

    Source ici : https://www.islamreligion.com/fr/articles/562/le-miracle-du-fer

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    * Selon le Coran, le fer aurait été «descendu» sur terre. Il ne proviendrait donc pas de la terre elle-même, une idée qui n’est pas étrangère à la science du 20 et 21e siècle.

    * Le fer est l’un des éléments dont fait mention le Coran.  Dans la sourate Al-Hadid (le fer), on peut lire ce qui suit :

    Sourate 57,25  - "Et Nous avons fait descendre le fer, dans lequel il y a une force redoutable, mais aussi maintes utilités pour les gens."

    * Certains ont pu croire que le mot arabe "anzalna", traduit ici par "descendre" et qui est utilisé pour parler du fer, dans ce verset, avait un sens métaphorique visant à faire entendre que le fer a été envoyé par Dieu pour profiter aux gens.

    * Mais lorsque nous prenons en considération son sens littéral, qui signifie "être physiquement descendu du ciel" (car dans le Coran, chaque fois que ce mot a été utilisé, il l’a été au sens littéral, comme la pluie ou la révélation qui descend du ciel), nous réalisons que le verset fait référence à un important miracle scientifique.

    * Car les découvertes astronomiques modernes nous apprennent que le fer que l’on trouve sur terre provient d’étoiles géantes de l’espace intersidéral.(1)

    * En fait, il ne s’agit pas uniquement du fer que l’on trouve sur la terre, mais du fer que l’on trouve dans tout le système solaire, car la température du soleil ne permet pas la formation du fer.

    * Le soleil a une température de surface de 6000 degrés Celsius et une température d’environ 20 millions de degrés Celsius en son noyau. Le fer ne peut être produit que dans des étoiles de taille très supérieure à celle du soleil, dans lesquelles la température atteint quelques centaines de millions de degrés Celsius.

    * Lorsque la quantité de fer dépasse un certain niveau, dans une étoile, celle-ci n’arrive plus à le contenir ; elle finit alors par exploser et devenir ce qu’on appelle une "nova" ou une "supernova" (voir ici et ici).  Ce sont ces explosions qui libèrent le fer dans l’espace.(2)

    * Une publication scientifique, "American Scientist", fournit les informations suivantes à ce sujet :

    "Il existe également des preuves concernant d’anciennes supernovae. Des niveaux élevés de fer-60 dans des sédiments pélagiques indiquent qu’une explosion de supernova s’est produite à 90 années-lumière du soleil il y a de cela environ 5 millions d’années. Le fer-60 est un isotope radioactif du fer formé lors d’explosions de supernovae; il finit par se désintégrer et sa demi-vie est d’une durée de 1,5 millions d’années. La  présence importante de cet isotope dans une strate indique une récente nucléosynthèse d’éléments non loin dans l’espace et leur descente subséquente vers la terre (peut-être mêlés à des grains de poussière)."(3)

    * Tout cela démontre que le fer ne s’est pas formé sur la terre, mais qu’il provient de supernovae ; il a donc été «descendu» sur terre, tel que le mentionne le verset. Il est clair que cette réalité ne pouvait être connue au 7ème siècle, lors de la révélation du Coran. Néanmoins, elle est mentionnée dans le Coran qui embrasse tout dans le savoir infini de Dieu.

    * Le fait que le verset parle du fer en particulier est étonnant si l’on considère que ces découvertes ont été faites à la fin du 20ème siècle. Dans son ouvrage intitulé "Nature’s destinye, le réputé microbiologiste Michael Denton souligne l’importance du fer :

    "De tous les métaux, aucun n’est plus essentiel à la vie que le fer. C’est l’accumulation de fer au centre d’une étoile qui déclenche l’explosion d’une supernova et la dispersion subséquente des atomes essentiels à la vie à travers le cosmos. C’est l’attraction exercée par la gravité des atomes de fer vers le centre de la terre, au cours de ses premiers stades de développement, qui a généré la chaleur qui a occasionné la différentiation chimique initiale de la terre, la libération des gaz de l’atmosphère primitive et, finalement, la formation de l’hydrosphère. C’est le fer en fusion au centre de la terre qui, tel un gigantesque dynamo, génère le champ magnétique terrestre qui, à son tour, donne naissance aux ceintures de radiation Van Allen qui protègent la surface de la terre des radiations cosmiques pénétrantes de haute énergie et qui préservent l’essentielle couche d’ozone de la destruction par les rayons cosmiques…

     "Sans l’atome de fer, il n’y aurait pas de vie basée sur la chimie du carbone dans le cosmos; pas de supernovae, pas de réchauffement de la terre primitive ni d’atmosphère ni d’hydrosphère. Il n’y aurait pas de champ magnétique protecteur, pas de ceintures de radiation Van Allen, pas de couche d’ozone, aucun métal pour fabriquer l’hémoglobine (dans le sang humain) ni pour contrôler la réactivité de l’oxygène, et pas de métabolisme oxydant.

    "L’intrigante et étroite relation entre la vie et le fer, entre la couleur rouge du sang et l’agonie d’une étoile reculée indique non seulement l’importance des métaux dans la biologie, mais aussi le bio-centrisme du cosmos…"(4)

    * Cette explication indique clairement l’importance de l’atome de fer. Le fait qu’une attention particulière soit portée au fer, dans le Coran, souligne également l’importance de cet élément.

    * Par ailleurs, des particules d’oxyde de fer ont été utilisées, récemment, dans le traitement du cancer, avec des résultats positifs.

    * Une équipe menée par le docteur Andreas Jordan, du Charité Hospital, en Allemagne, a réussi à détruire des cellules cancéreuses avec cette nouvelle technique développée dans la lutte au cancer, c’est-à-dire l’hyperthermie liquide magnétique.  Cette technique a d’abord été testée sur un homme de 26 ans, Nikolaus H., chez qui aucune nouvelle cellule cancéreuse n’est apparue au cours des trois mois suivant le traitement.

    * Cette méthode de traitement peut être résumée ainsi :

    1. Un liquide contenant des particules d’oxyde de fer est injecté dans la tumeur à l’aide d’une seringue. Ces particules se répandent dans les cellules cancéreuses. Le liquide en question est composé de milliers de millions de particules qui sont mille fois plus petites que les globules sanguins et qui peuvent aisément voyager à travers les vaisseaux sanguins.(5)

    2. Le patient est ensuite installé dans un appareil à puissant champ magnétique.

    3. Ce champ magnétique active les particules de fer dans la tumeur. À ce moment, la température à l’intérieur de la tumeur augmente à 45 degrés Celsius.

    4. En l’espace de quelques minutes, les cellules cancéreuses, incapables de se protéger contre cette chaleur soudaine, sont soit affaiblies, soit détruites. Le traitement est alors suivi d’une chimiothérapie afin de détruire totalement la tumeur.(6)

    * Dans ce traitement, ce sont seulement les cellules cancéreuses qui sont affectées par le champ magnétique, car elles sont les seules à contenir les particules d’oxyde de fer. Cette technique constitue un développement majeur dans le traitement de cette maladie trop souvent mortelle.  Le fer est également connu comme traitement contre l’anémie.

    * Connaissant maintenant l’utilité du fer dans le traitement de ces maladies extrêmement répandues, on peut voir sous un autre jour les paroles du verset 25 de la sourate 57 du Coran : "Et Nous avons fait descendre le fer, dans lequel il y a une force redoutable, mais aussi maintes utilités pour les gens". Et Dieu sait mieux.

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    (1) Dr Mazhar U. Kazi, 130 Evident Miracles in the Qur'an (New York, USA: Crescent Publishing House: 1998), 110-111; et www.wamy.co.uk/announcements3.html, du prof. Zighloul Raghib El-Naggar’s speech.

    (2) Ibid.

    (3) Priscilla Frisch, “The Galactic Environment of the Sun,” American Scientist, January-February 2000, www.americanscientist.org/template/AssetDetail/assetid/21173?fulltext=true.

    (4) Michael J. Denton, Nature’s Destiny (The Free Press: 1998), 198.

    (5) www.inm-gmbh.de/cgi-bin/frame/frameloader.pl?sprache=en&url=http://www.inm-gmbh.de/htdocs/technologien/highlights/highlights_en.htm.

    (6) "Nanotechnology successfully helps cancer therapies," IIC Fast Track, Nanotech News from Eastern Germany, Industrial Investment Council, October 2003; www.iic.de/uploads/media/NANO_FT_Nov2003_01.pdf

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    LIVRE

    Miracles et signes divins dans le Coran - Abdessalam Lippold

    miracles-et-signes-divins-dans-le-coran-1235560.jpg

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  • Abdennour Bidar : Lettre ouverte au monde musulman

    Source ici : https://blogs.mediapart.fr/monica-m/blog/100115/lettre-ouverte-au-monde-musulman-abdennour-bidar

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    Abdennour Bidar est philosophe, spécialiste des évolutions contemporaines de l'islam et des théories de la sécularisation et post-sécularisation.

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    © Abdennour Bidar 

    * Cher monde musulman, je suis un de tes fils éloignés qui te regarde du dehors et de loin - de ce pays de France où tant de tes enfants vivent aujourd'hui. Je te regarde avec mes yeux sévères de philosophe nourri depuis son enfance par le taçawwuf (soufisme) et par la pensée occidentale. Je te regarde donc à partir de ma position de barzakh, d'isthme entre les deux mers de l'Orient et de l'Occident!

    * Et qu'est-ce que je vois ? Qu'est-ce que je vois mieux que d'autres sans doute parce que justement je te regarde de loin, avec le recul de la distance ? Je te vois toi, dans un état de misère et de souffrance qui me rend infiniment triste, mais qui rend encore plus sévère mon jugement de philosophe ! Car je te vois en train d'enfanter un monstre qui prétend se nommer État islamique et auquel certains préfèrent donner un nom de démon : DAESH. Mais le pire est que je te vois te perdre - perdre ton temps et ton honneur — dans le refus de reconnaître que ce monstre est né de toi, de tes errances, de tes contradictions, de ton écartèlement interminable entre passé et présent, de ton incapacité trop durable à trouver ta place dans la civilisation humaine.

    * Que dis-tu en effet face à ce monstre ? Quel est ton unique discours ? Tu cries "Ce n'est pas moi !", "Ce n'est pas l'islam !". Tu refuses que les crimes de ce monstre soient commis en ton nom (#NotInMyName). Tu t'indignes devant une telle monstruosité, tu t'insurges aussi que le monstre usurpe ton identité, et bien sûr tu as raison de le faire. Il est indispensable qu'à la face du monde tu proclames ainsi, haut et fort, que l'islam dénonce la barbarie. Mais c'est tout à fait insuffisant ! Car tu te réfugies dans le réflexe de l'autodéfense sans assumer aussi, et surtout, la responsabilité de l'autocritique. Tu te contentes de t'indigner, alors que ce moment historique aurait été une si formidable occasion de te remettre en question ! Et comme d'habitude, tu accuses au lieu de prendre ta propre responsabilité : "Arrêtez, vous les occidentaux, et vous tous les ennemis de l'islam de nous associer à ce monstre ! Le terrorisme, ce n'est pas l'islam, le vrai islam, le bon islam qui ne veut pas dire la guerre, mais la paix!"

    * J'entends ce cri de révolte qui monte en toi, ô mon cher monde musulman, et je le comprends. Oui tu as raison, comme chacune des autres grandes inspirations sacrées du monde l'islam a créé tout au long de son histoire de la Beauté, de la Justice, du Sens, du Bien, et il a puissamment éclairé l'être humain sur le chemin du mystère de l'existence... Je me bats ici en Occident, dans chacun de mes livres, pour que cette sagesse de l'islam et de toutes les religions ne soit pas oubliée ni méprisée ! Mais de ma position lointaine, je vois aussi autre chose - que tu ne sais pas voir ou que tu ne veux pas voir...

    * Et cela m'inspire une question, LA grande question : pourquoi ce monstre t'a-t-il volé ton visage ? Pourquoi ce monstre ignoble a-t-il choisi ton visage et pas un autre ? Pourquoi a-t-il pris le masque de l'islam et pas un autre masque ? C'est qu'en réalité derrière cette image du monstre se cache un immense problème, que tu ne sembles pas prêt à regarder en face. Il le faut bien pourtant, il faut que tu en aies le courage.

    * Ce problème est celui des racines du mal. D'où viennent les crimes de ce soi-disant "État islamique" ? Je vais te le dire, mon ami. Et cela ne va pas te faire plaisir, mais c'est mon devoir de philosophe. Les racines de ce mal qui te vole aujourd'hui ton visage sont en toi-même, le monstre est sorti de ton propre ventre, le cancer est dans ton propre corps. Et de ton ventre malade, il sortira dans le futur autant de nouveaux monstres - pires encore que celui-ci - aussi longtemps que tu refuseras de regarder cette vérité en face, aussi longtemps que tu tarderas à l'admettre et à attaquer enfin cette racine du mal !

    * Même les intellectuels occidentaux, quand je leur dis cela, ont de la difficulté à le voir : pour la plupart, ils ont tellement oublié ce qu'est la puissance de la religion — en bien et en mal, sur la vie et sur la mort — qu'ils me disent "Non le problème du monde musulman n'est pas l'islam, pas la religion, mais la politique, l'histoire, l'économie, etc". Ils vivent dans des sociétés si sécularisées qu'ils ne se souviennent plus du tout que la religion peut être le cœur du réacteur d'une civilisation humaine ! Et que l'avenir de l'humanité passera demain non pas seulement par la résolution de la crise financière et économique, mais de façon bien plus essentielle par la résolution de la crise spirituelle sans précédent que traverse notre humanité toute entière ! Saurons-nous tous nous rassembler, à l'échelle de la planète, pour affronter ce défi fondamental ? La nature spirituelle de l'homme a horreur du vide, et si elle ne trouve rien de nouveau pour le remplir elle le fera demain avec des religions toujours plus inadaptées au présent - et qui comme l'islam actuellement se mettront alors à produire des monstres.

    * Je vois en toi, ô monde musulman, des forces immenses prêtes à se lever pour contribuer à cet effort mondial de trouver une vie spirituelle pour le XXIe siècle ! Il y a en toi en effet, malgré la gravité de ta maladie, malgré l'étendue des ombres d'obscurantisme qui veulent te recouvrir tout entier, une multitude extraordinaire de femmes et d'hommes qui sont prêts à réformer l'islam, à réinventer son génie au-delà de ses formes historiques et à participer ainsi au renouvellement complet du rapport que l'humanité entretenait jusque-là avec ses dieux ! C'est à tous ceux-là, musulmans et non musulmans qui rêvent ensemble de révolution spirituelle, que je me suis adressé dans mes livres ! Pour leur donner, avec mes mots de philosophe, confiance en ce qu'entrevoit leur espérance!

    * Il y a dans la Oumma (communauté des musulmans) de ces femmes et ces hommes de progrès qui portent en eux la vision du futur spirituel de l'être humain. Mais ils ne sont pas encore assez nombreux ni leur parole assez puissante. Tous ceux-là, dont je salue la lucidité et le courage, ont parfaitement vu que c'est l'état général de maladie profonde du monde musulman qui explique la naissance des monstres terroristes aux noms d'Al Qaida, Al Nostra, AQMI ou de l'"État islamique".

    * Ils ont bien compris que ce ne sont là que les symptômes les plus graves et les plus visibles sur un immense corps malade, dont les maladies chroniques sont les suivantes :

    impuissance à instituer des démocraties durables dans lesquelles est reconnue comme droit moral et politique la liberté de conscience vis-à-vis des dogmes de la religion;

     prison morale et sociale d'une religion dogmatique, figée, et parfois totalitaire ;

     difficultés chroniques à améliorer la condition des femmes dans le sens de l'égalité, de la responsabilité et de la liberté;

     impuissance à séparer suffisamment le pouvoir politique de son contrôle par l'autorité de la religion;

     incapacité à instituer un respect, une tolérance et une véritable reconnaissance du pluralisme religieux et des minorités religieuses.

    * Tout cela serait-il donc la faute de l'Occident ? Combien de temps précieux, d'années cruciales, vas-tu perdre encore, ô cher monde musulman, avec cette accusation stupide à laquelle toi-même tu ne crois plus, et derrière laquelle tu te caches pour continuer à te mentir à toi-même ? Si je te critique aussi durement, ce n'est pas parce que je suis un philosophe "occidental", mais parce que je suis un de tes fils conscients de tout ce que tu as perdu de ta grandeur passée depuis si longtemps qu'elle est devenue un mythe !

    * Depuis le XVIIIe siècle en particulier, il est temps de te l'avouer enfin, tu as été incapable de répondre au défi de l'Occident.

    Soit tu t'es réfugié de façon infantile et mortifère dans le passé, avec la régression intolérante et obscurantiste du wahhabisme qui continue de faire des ravages presque partout à l'intérieur de tes frontières – un wahhabisme que tu répands à partir de tes lieux saints de l'Arabie Saoudite comme un cancer qui partirait de ton cœur lui-même !

     Soit tu as suivi le pire de cet Occident, en produisant comme lui des nationalismes et un modernisme qui est une caricature de modernité – je veux parler de cette frénésie de consommation, ou bien encore de ce développement technologique sans cohérence avec leur archaïsme religieux qui fait de tes "élites" richissimes du Golfe seulement des victimes consentantes de la maladie désormais mondiale qu'est le culte du dieu argent.

    * Qu'as-tu d'admirable aujourd'hui, mon ami ? Qu'est-ce qui en toi reste digne de susciter le respect et l'admiration des autres peuples et civilisations de la Terre ? Où sont tes sages, et as-tu encore une sagesse à proposer au monde ? Où sont tes grands hommes, qui sont tes Mandela, qui sont tes Gandhi, qui sont tes Aung San Suu Kyi ? Où sont tes grands penseurs, tes intellectuels dont les livres devraient être lus dans le monde entier comme au temps où les mathématiciens et les philosophes arabes ou persans faisaient référence de l'Inde à l'Espagne ?

    * En réalité tu es devenu si faible, si impuissant derrière la certitude que tu affiches toujours au sujet de toi-même... Tu ne sais plus du tout qui tu es ni où tu veux aller et cela te rend aussi malheureux qu'agressif... Tu t'obstines à ne pas écouter ceux qui t'appellent à changer en te libérant enfin de la domination que tu as offerte à la religion sur la vie toute entière. Tu as choisi de considérer que Mohammed était prophète et roi. Tu as choisi de définir l'islam comme religion politique, sociale, morale, devant régner comme un tyran aussi bien sur l'État que sur la vie civile, aussi bien dans la rue et dans la maison qu'à l'intérieur même de chaque conscience. Tu as choisi de croire et d'imposer que l'islam veut dire soumission alors que le Coran lui-même proclame qu'"Il n'y a pas de contrainte en religion" (La ikraha fi Dîn). Tu as fait de son Appel à la liberté l'empire de la contrainte ! Comment une civilisation peut-elle trahir à ce point son propre texte sacré ? Je dis qu'il est l'heure, dans la civilisation de l'islam, d'instituer cette liberté spirituelle — la plus sublime et difficile de toutes — à la place de toutes les lois inventées par des générations de théologiens !

    * De nombreuses voix que tu ne veux pas entendre s'élèvent aujourd'hui dans la Oumma pour s'insurger contre ce scandale, pour dénoncer ce tabou d'une religion autoritaire et indiscutable dont se servent ses chefs pour perpétuer indéfiniment leur domination... Au point que trop de croyants ont tellement intériorisé une culture de la soumission à la tradition et aux "maîtres de religion" (imams, muftis, shouyoukhs, etc.) qu'ils ne comprennent même pas qu'on leur parle de liberté spirituelle, et n'admettent pas qu'on ose leur parler de choix personnel vis-à-vis des "piliers" de l'islam. Tout cela constitue pour eux une "ligne rouge", quelque chose de trop sacré pour qu'ils osent donner à leur propre conscience le droit de le remettre en question ! Et il y a tant de ces familles, tant de ces sociétés musulmanes où cette confusion entre spiritualité et servitude est incrustée dans les esprits dès leur plus jeune âge, et où l'éducation spirituelle est d'une telle pauvreté que tout ce qui concerne de près ou de loin la religion reste ainsi quelque chose qui ne se discute pas !

    * Or cela, de toute évidence, n'est pas imposé par le terrorisme de quelques fous, par quelques troupes de fanatiques embarqués par l'État islamique. Non, ce problème-là est infiniment plus profond et infiniment plus vaste ! Mais qui le verra et le dira ? Qui veut l'entendre ? Silence là-dessus dans le monde musulman, et dans les médias occidentaux on n'entend plus que tous ces spécialistes du terrorisme qui aggravent jour après jour la myopie générale ! Il ne faut donc pas que tu t'illusionnes, ô mon ami, en croyant et en faisant croire que quand on en aura fini avec le terrorisme islamiste l'islam aura réglé ses problèmes ! Car tout ce que je viens d'évoquer — une religion tyrannique, dogmatique, littéraliste, formaliste, machiste, conservatrice, régressive — est trop souvent, pas toujours, mais trop souvent, l'islam ordinaire, l'islam quotidien, qui souffre et fait souffrir trop de consciences, l'islam de la tradition et du passé, l'islam déformé par tous ceux qui l'utilisent politiquement, l'islam qui finit encore et toujours par étouffer les Printemps arabes et la voix de toutes ses jeunesses qui demandent autre chose. Quand donc vas-tu faire enfin ta vraie révolution ? Cette révolution qui dans les sociétés et les consciences fera rimer définitivement religion et liberté, cette révolution sans retour qui prendra acte que la religion est devenue un fait social parmi d'autres partout dans le monde, et que ses droits exorbitants n'ont plus aucune légitimité !

    * Bien sûr, dans ton immense territoire, il y a des îlots de liberté spirituelle : des familles qui transmettent un islam de tolérance, de choix personnel, d'approfondissement spirituel ; des milieux sociaux où la cage de la prison religieuse s'est ouverte ou entrouverte ; des lieux où l'islam donne encore le meilleur de lui-même, c'est-à-dire une culture du partage, de l'honneur, de la recherche du savoir, et une spiritualité en quête de ce lieu sacré où l'être humain et la réalité ultime qu'on appelle Allâh se rencontrent. Il y a en Terre d'islam et partout dans les communautés musulmanes du monde des consciences fortes et libres, mais elles restent condamnées à vivre leur liberté sans assurance, sans reconnaissance d'un véritable droit, à leurs risques et périls face au contrôle communautaire ou bien même parfois face à la police religieuse. Jamais pour l'instant le droit de dire "Je choisis mon islam", "J'ai mon propre rapport à l'islam" n'a été reconnu par "l'islam officiel" des dignitaires. Ceux-là au contraire s'acharnent à imposer que "La doctrine de l'islam est unique" et que "L'obéissance aux piliers de l'islam est la seule voie droite" (sirâtou-l-moustaqîm).

    * Ce refus du droit à la liberté vis-à-vis de la religion est l'une de ces racines du mal dont tu souffres, ô mon cher monde musulman, l'un de ces ventres obscurs où grandissent les monstres que tu fais bondir depuis quelques années au visage effrayé du monde entier. Car cette religion de fer impose à tes sociétés toutes entières une violence insoutenable. Elle enferme toujours trop tes filles et tous tes fils dans la cage d'un Bien et d'un Mal, d'un licite (halâl) et d'un illicite (harâm) que personne ne choisit, mais que tout le monde subit. Elle emprisonne les volontés, elle conditionne les esprits, elle empêche ou entrave tout choix de vie personnel.

    * Dans trop de tes contrées, tu associes encore la religion et la violence — contre les femmes, contre les "mauvais croyants", contre les minorités chrétiennes ou autres, contre les penseurs et les esprits libres, contre les rebelles — de telle sorte que cette religion et cette violence finissent par se confondre, chez les plus déséquilibrés et les plus fragiles de tes fils, dans la monstruosité du jihad !

    * Alors, ne t'étonne donc pas, ne fais plus semblant de t'étonner, je t'en prie, que des démons tels que le soi-disant État islamique t'aient pris ton visage ! Car les monstres et les démons ne volent que les visages qui sont déjà déformés par trop de grimaces ! Et si tu veux savoir comment ne plus enfanter de tels monstres, je vais te le dire. C'est simple et très difficile à la fois.

    * Il faut que tu commences par réformer toute l'éducation que tu donnes à tes enfants, que tu réformes chacune de tes écoles, chacun de tes lieux de savoir et de pouvoir. Que tu les réformes pour les diriger selon des principes universels (même si tu n'es pas le seul à les transgresser ou à persister dans leur ignorance) : la liberté de conscience, la démocratie, la tolérance et le droit de cité pour toute la diversité des visions du monde et des croyances, l'égalité des sexes et l'émancipation des femmes de toute tutelle masculine, la réflexion et la culture critique du religieux dans les universités, la littérature, les médias. Tu ne peux plus reculer, tu ne peux plus faire moins que tout cela ! Tu ne peux plus faire moins que ta révolution spirituelle la plus complète ! C'est le seul moyen pour toi de ne plus enfanter de tels monstres, et si tu ne le fais pas tu seras bientôt dévasté par leur puissance de destruction. Quand tu auras mené à bien cette tâche colossale - au lieu de te réfugier encore et toujours dans la mauvaise foi et l'aveuglement volontaire, alors plus aucun monstre abject ne pourra plus venir te voler ton visage.

    * Cher monde musulman... Je ne suis qu'un philosophe, et comme d'habitude certains diront que le philosophe est un hérétique. Je ne cherche pourtant qu'à faire resplendir à nouveau la lumière — c'est le nom que tu m'as donné qui me le commande, Abdennour, "Serviteur de la Lumière".

    * Je n'aurais pas été si sévère dans cette lettre si je ne croyais pas en toi. Comme on dit en français: "Qui aime bien châtie bien". Et au contraire tous ceux qui aujourd'hui ne sont pas assez sévères avec toi — qui te trouvent toujours des excuses, qui veulent faire de toi une victime, ou qui ne voient pas ta responsabilité dans ce qui t'arrive — tous ceux-là en réalité ne te rendent pas service !

    * Je crois en toi, je crois en ta contribution à faire demain de notre planète un univers à la fois plus humain et plus spirituel !

    * Salâm, que la paix soit sur toi.

    http://quebec.huffingtonpost.ca/abdennour-bidar/lettre-au-monde-musulman_b_5991640.html

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  • L'âge de Aïcha lors de son mariage avec le prophète Muhammad

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    Source : http://www.mosquee-lyon.org/forum3/index.php?topic=15938.15;wap2

    * Le Dr Ahmed Amine explique le mythe de l'âge de Aïcha lors de son mariage avec le prophète Muhammad.

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    ﻢﻠﻋأ ﷲا و
    Juillet 2008, Dr Ahmed Amine

    Remarque préliminaire

    * Afin de ne pas alourdir la lecture du texte, je n’ai pas mentionné après l’énonciation du prénom du prophète(*) ou de Son titre, la formule "que la paix et la prière soient sur lui".

    * Je compte néanmoins sur le lecteur (musulman) pour formuler cette marque de respect dans son cœur. Il en est de même pour tous les compagnons, il est d’usage de dire "que Dieu soit satisfait de lui" ou "d’elle".

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    LE MYTHE EXPOSÉ

    * La plupart des Musulmans acceptent aveuglement et sans se poser trop de questions l’histoire du mariage de notre prophète(*) avec une gamine de 9 ans nommée Aïcha.

    * Les musulmans préfèrent ne pas soupçonner les récits ayant relatés cette propagande comme tant d’autres, même si ces récits humains contredisent explicitement le noble Coran et le bon sens, sous prétexte que cela est relaté dans tel ou tel recueil «Sahihs» (sahih = authentique).

    * Entourés d’un halo de sacralité depuis des siècles, ces recueils ne sont que la compilation de récits sensés remonter au prophète(*) ou à ces compagnons, faites par des humains et dont la sélection n’est en fin de compte basée que sur l’arbitraire de ces personnes.

    * Le prophète(*) était un homme exemplaire. Toutes ses actions étaient des plus vertueuses ; sa morale était le noble Coran et il ne pouvait en aucun cas épouser une innocente fille de neuf ans.

    * Ceci me conduit à creuser pour chercher la source de cette erreur, partie de l’idée que l'âge de mariage de Aïcha a été faussement rapporté dans la littérature des hadiths.

    * On va essayer dans ce texte, de présenter des preuves solides pour démentir cette histoire inventée par Hisham ibn’Urwah pour purifier ainsi l’image de notre Saint prophète Muhammad "que la paix et la prière soient sur lui".

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    PREUVE N°1 : FIABILITE DES SOURCES

    * La plupart des récits rapportés dans les livres de hadith sont transmis seulement par Hisham ibn`Urwah, qui faisait éloge de l'autorité de son père. C’est un hadith non concordant (non moutawatir), il est seulement issu d’une chaîne unique (Ahad) ce qui ne le met pas hors de doute.

    * Il est étrange que personne de Médine, où Hisham ibn`Urwah a vécu les 71 premières années de sa vie, n'ait relaté l'événement, malgré le fait que parmi ses élèves de Médine se trouvait le bien respecté Malik ibn Anas.

    * Les origines des récits de cet événement viennent des gens de l'Irak, où l’on annonce que Hisham a beaucoup changé après son déménagement de Médine vers l’Irak.

    * "Tehzibu’l-Tehzib", un des livres les plus bien connus sur la vie et la fiabilité des narrateurs des traditions du prophète(*), annonce que selon Yaqub ibn Shaibah : “il [Hisham] est fortement fiable, ses récits sont acceptables, sauf ce qu'il a relaté après son déplacement en Irak” (Tehzi’bu’l-tehzi’b, Ibn Hajar Al-` asqala’ni, Dar Ihya Al-turath Al-Islami, le 15ème siècle. Vol 11, p. 50).

    * C’est pour cette raison que Malik ibn Anas a élevé une objection sur les récits de Hisham qui ont été annoncés par les gens de l’Irak : (Tehzi’b u’l-tehzi’b, Ibn Hajar Al-`asqala’ni, Dar Ihya Al-turath Al-Islami, Vol.11, p. 50).

    * Mizanu’l-ai `, un autre livre sur la vie des narrateurs des traditions du prophète(*) annonce : “Quand il était vieux, la mémoire d'Hisham avait subi une faiblesse manifeste” (Mizanu’l-ai ` , Al-Zahbi, Al-Maktabatu’l-athriyyah, Sheikhupura, le Pakistan, Vol. 4, p. 301).

    Conclusion n°1 : Basé sur ces références, la mémoire d'Hisham était faible après son immigration en Irak et ses récits étaient qualifiés d’incertains. Ainsi, son récit sur le mariage de Aïcha est non fiable.

    * CHRONOLOGIE : c'est essentiel aussi de garder à l'esprit certaines des dates pertinentes dans l'histoire d'Islam :

    • 610 CE : Jahiliya (âge pré-islamique) avant la révélation.

    • 610 CE : Date de la première révélation.

    • 610 CE : Abu Bakr se convertit à l’Islam

    • 613 CE : Le prophète(*) Muhammad commence à prêcher publiquement.

    • 615 CE : Émigration à Abyssinia

    • 616 CE : Omar ibn Al Khattab se convertit à l’Islam.

    • 620 CE : Les fiançailles généralement admises d'Aïcha avec le prophète(*).

    • 622 CE : Hijrah (emigation à Yathrib, plus tard rebaptisé Médine).

    • 623/624 CE : Année généralement admise où Aïcha vivant avec le prophète(*).

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    PREUVE N°2 : LES FIANCAILLES

    * Selon Al-Tabari (aussi selon Hisham ibn ‘Urwah, Ibn Hunbal ), Aïcha était fiancée à sept ans et a commencé à cohabiter avec le prophète(*) à l'âge de neuf ans.

    * Cependant, dans un autre récit, Al-Tabari dit : "Tous les quatre enfants de [Abou Bakr] sont nés de ses deux femmes pendant la période pré islamique" (Tarikhu’l-umam wa’l-mamlu’k, Al-Tabari (sont morts 922), Vol. 4, p. 50, arabe, Dara’l-fikr, le Beyrouth, 1979).

    * Si Aïcha était fiancée en 620 CE (à l'âge de sept ans) et a commencé à vivre avec le prophète(*) en 624 CE (à l'âge de neuf ans), ceci indiquerait qu'elle est née en 613 CE et avait neuf ans quand elle a commencé à vivre avec le prophète(*).

    * Donc, basé sur le récit d'Al-Tabari, les calculs montrent qu'Aïcha devait être née en 613 CE, trois ans après le début de révélation (610 CE).

    * Tabari déclare aussi qu'Aïcha est née dans l'ère pré-islamique (Jahiliya). Si elle est née avant 610 CE, elle aurait eu au moins 14 ans quand elle avait commencé à vivre avec le prophète(*). Essentiellement, Tabari se contredit lui même.

    Conclusion n° 2 : Al-Tabari est incertain concernant l'âge de Aïcha lors de son mariage.

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    PREUVE N°3 : L'AGE DE AÏCHA PAR RAPPORT A L'AGE DE FATIMA

    * Selon Ibn Hajar, Fatima est née au temps où la Kaaba avait été reconstruite, à cette date le prophète(*) avait 35 ans, elle en avait cinq ans de plus que Aïcha” (Al-isabah fi tamyizi’l-sahabah, Ibn Hajar Al-Asqalani, Vol. 4, p. 377, Maktabatu’l-Riyadh Al-haditha, Al-Riyadh, 1978).

    * Si la déclaration d'Ibn Hajar s’avère véridique, Aïcha est née quand le prophète(*) avait 40 ans. Et s’il avait épousé Aïcha quand il avait 52 ans, l'âge de Aïcha au moment de son mariage serait au moins 12 ans.

    Conclusion n° 3 : Ibn Hajar, Tabari Ibn Hisham et Ibn Humbal se contredisent. Ainsi, le mariage présumé de Aïcha à l’âge de 9 ans n’est qu’un mythe.

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    PREUVE N°4 : L'AGE DE AICHA PAR RAPPORT A L'AGE DE ASMA

    * Selon Abdul rahman ibn abi zanna’d : "Asma avait 10 ans de plus que Aïcha" (Siyar 'la'ma'l-nubala', Al-Zahabi, Vol. 2, p. 289, arabe, Mu’assasatu’l-risalah, le Beyrouth, 1992).

    * Selon Ibn Kathir : "Elle [Asma] est l’aînée de sa sœur [Aïcha] de 10 ans" (Al-Bidayah, wa’l-nihayah Ibn Kathir, Vol. 8, p. 371, Dar Al-fikr Al-` arabi, Al-jizah, 1933).

    * Selon Ibn Kathir : "Elle [Asma] a vu le décès de son fils pendant cette année [73 OH], comme nous l’avons déjà mentionné et cinq jours plus tard, elle-même était décédée".

    * Selon d'autres récits, "elle n’est pas décédée après cinq jours, mais 10 ou 20, ou quelques jours plus tard. Le récit le plus connu est celui de 100 jours plus tard. Du moment de son décès, où elle avait 100 ans." (Al-Bidayah wa’l-nihayah , Ibn Kathir, Vol. 8, p. 372, Dar Al-fikr Al-` arabi, Al-jizah, 1933)

    * Selon Ibn Hajar Al-Asqalani : "Elle [Asma] a vécu 100 ans et est décédée en 73 ou 74 OH." (Taqribu’l-tehzib, Ibn Hajar Al-Asqalani, p. 654, arabe, Bab fi’l-nisa ’, harfu’l al-alif ).

    * Selon presque tous les historiens, Asma, la sœur aînée de Aïcha avait 10 ans de plus qu’elle. 

    * Si Asma avait 100 ans en 73 OH, elle devait avoir 27 ou 28 ans au moment de la Hijrah.

    * Si Asma avait 27 ans ou 28 ans au moment de la Hijrah, Aïcha, elle devait avoir 17 ou 18 ans, donc elle a commencé à cohabiter avec le prophète (*) entre 19 à 20 ans.

    Conclusion n° 4 : Basé sur Hajar, Ibn Katir et Abda’l-Rahman ibn abi zanna’d, l'âge de Aïcha au temps où elle a commencé à vivre avec le prophète(*) serait de 19 ou 20 ans. Dans la Preuve n°3, Ibn Hajar suggère qu'Aïcha avait 12 ans et dans la Preuve n°4 : 17 ou 18 ans. Quel est l'âge exact de Aïcha lors de son mariage, douze ou dix-huit ans ?
    • Ibn Hajar est une source incertaine sur l'âge de Aïcha.

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    PREUVE N°5 : LA BATAILLE DE UHUD

    * Un récit mentionne la participation d'Aïcha dans la Bataille d'Uhud dans El Boukhari ( Kitabu'l-jihad wa’l-siyar, Bab Ghazwi’l-nisa ’ wa qitalihinna ma ` a’lrijal) : "Anas annonce que le jour d'Uhud, les gens ne pouvaient pas supporter leur présence autour du prophète(*). [Ce jour-là], j'ai vu Aïcha et Oumm-i-Soulaim, Elles avaient tiré leurs robes en haut de leurs pieds [pour éviter n'importe quelle entrave dans leur mouvement]." De nouveau, cela indique qu'Aïcha était présente dans la Bataille d'Uhud.

    * Il est relaté dans Boukhari (Kitabu’l-maghazi, Bab Ghazwati’l-khandaq wa hiya’l-ahza’b) : "Ibn`Umar déclare que le prophète(*) n'a pas permis à Aïcha de participer à Uhud, comme à ce moment-là, elle n’avait que 14 ans. Mais le jour de la bataille de Khandaq, quand elle avait eu 15 ans, le prophète(*) lui avait permis d’y participer."

    * En se basant sur ces récits, on conclue que :

    — (a) les enfants au-dessous de 15 ans ont été envoyés en arrière et n'ont pas le droit de participer à la Bataille d'Uhud et

    — (b) Aïcha avait participé à la Bataille de Uhud

    Conclusion n° 5 : La participation d'Aïcha dans la bataille de Uhud indique clairement qu'elle n'avait pas neuf ans, mais au moins 15 ans. Après tout, les femmes ont eu l'habitude d'accompagner les hommes aux champs de bataille pour les aider et non pas pour être un fardeau.

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    PREUVE N°6 : SOURATE AL-QAMAR (LA LUNE)

    * Selon la tradition généralement admise, Aïcha est née environ 7-8 ans avant El Hijrah.

    * Mais selon un autre récit dans Boukhari, on annonce que Aïcha avait dit : "j'étais une jeune fille (jariyah en arabe) quand la Sourate Al-Qamar avait été révélée" (Sahih Boukhari, kitabu’l-tafsir, Bab Qaulihi Bal Al-sa ` atu la Caillette ` iduhum wa’l-sa ` atu adha ’ wa amarr).

    * La sourate 54 du Saint Coran avait été révélée huit ans avant la Hijrah, indiquant qu'elle avait été révélée l’an 614 CE.

    * Si Aïcha s’est mariée avec le prophète(*) à l'âge de neuf ans en 623 CE ou 624 CE, elle aurait été un enfant en bas âge (sibyah en arabe) tandis que Sourate Al-Qamar (la Lune) a été révélée, selon la tradition, suscitée quand Aïcha était en réalité une jeune fille (jariyah)

    * Jariyah signifie que la jeune fille était adolescente.

    * Ainsi, Aïcha, étant une jariyah non pas une sibyah (enfant), et doit être âgée quelque part entre 6-13 ans au moment de la révélation d'Al-Qamar et doit donc avoir 14-21 ans au temps où elle a épousé le prophète(*).

    Conclusion n° 6 : Cette tradition aussi contredit le mariage d'Aïcha à l'âge de neuf ans.

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    PREUVE N°7 : TERMINOLOGIE ARABE

    * Selon un récit annoncé par Ahmad ibn Hanbal : après la mort de la première femme Khadijah du prophète(*), quand Khaulah est venu au prophète(*) lui conseillant de se marier de nouveau, le prophète(*) lui avait demandé quant aux choix qu'elle a entendu.

    * Khaulah avait dit : “Vous pouvez épouser une vierge (bikr) ou une femme que l'on a déjà épousé (thayyib)”. Quand le prophète(*) avait demandé l'identité du bikr, Khaulah avait mentionné le nom d'Aïcha.

    * Ceux qui connaissent la subtilité de la langue arabe, peuvent concevoir que le mot bikr n'est pas utilisé pour une fille immature de neuf ans. Le mot correct correspond plutôt à une jeune adolescente, comme cela a été exposé plus haut, et ce mot est jariyah.

    * Bikr d'autre part, est utilisé pour désigner une dame célibataire sans expérience conjugale avant le mariage.

    * Donc, évidemment une fille de neuf ans n'est pas "une femme" (bikr) (Musnad Ahmad ibn Hanbal, Vol. 6, p. .210, arabe, Dar Ihya Al-turath Al-`arabi, Beyrouth).

    Conclusion n° 7 : Littéralement le mot "bikr" signifie "vierge", dans le susdit hadith est “la femme adulte sans expérience conjugale.” Donc, Aïcha était au moins adolescente au moment de son mariage (16-20 ans).

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    PREUVE N°8. LE TEXTE CORANIQUE

    * Tous les Musulmans reconnaissent que le Coran est le livre véridique par excellence. Ainsi, nous devons chercher la vérité dans le Coran pour lever la confusion créée par les hommes au sujet de l'âge de mariage de Aïcha.

    * Le Coran permet-il le mariage d'un enfant immature de neuf ans !!!?

    * Il n'y a aucun verset qui permet explicitement un tel mariage. Cependant Il y a un verset, qui guide les Musulmans dans leur devoir d’élever un enfant resté orphelin.

    * Les conseils du Coran sur ce sujet sont aussi valables pour nos propres enfants.

    Coran, versets 5 et 6 de la sourate 4 "les femmes" : "Et ne confiez pas aux mineurs les biens dont Allâh a fait votre subsistance (La propriété de l'orphelin), Mais prélevez-en, pour eux, nourriture et vêtements ; et parlez-leur convenablement".
    "Et tester la capacité des orphelins jusqu'à ce qu'ils atteignent l'aptitude au mariage ; et si vous ressentez en eux une bonne conduite, remettez-leur leurs biens. Ne les utilisez pas (dans votre intérêt) avec gaspillage et dissipation, avant qu'ils ne grandissent. Quiconque est aisé devrait s'abstenir de se payer lui-même de cet héritage qui lui est confié. S'il est pauvre, alors qu'il y puise une quantité convenable, à titre de rémunération de tuteur. S'il est aisé, qu'il s'abstienne d'en prendre lui-même. S'il est pauvre, alors qu'il en utilise raisonnablement : et lorsque vous leur remettez leurs biens, prenez des témoins à leur encontre. Mais Allâh suffit pour observer et compter".

    * Pour les orphelins, on doit désigner un parent Musulman pour s’occuper d’eux "jusqu'à l'âge de maturité". Ici le verset Coranique exige la preuve méticuleuse de leur maturité intellectuelle et physique par des moyens objectifs d'essai avant l'âge de mariage pour leur confier leurs propriétés.

    * A la lumière des versets suscités, aucun Musulman responsable ne remettrait la gestion financière à un enfant de sept ans - ou à une fille de neuf ans. Si nous ne pouvons pas faire confiance en une personne de sept ans pour gérer des questions financières, il le sera d’avantage pour un mariage.

    * Ahmad Ibn Hambal (Musnad, vol.6, p. 33 et 99) déclare que Aïcha à l’âge de neuf ans a été plus attirée par le jeu que par les tâches d'une femme responsable.

    * Il est difficile de croire, donc, qu'Abou Bakr, un grand partisan parmi les Musulmans, fiancerait sa fille immature de sept ans au prophète(*) de 50 ans.

    * Il est également plus difficile d'imaginer que le prophète(*) accepte une telle proposition.

    Conclusion n° 8 : Abou Bakr était un homme plus judicieux que n’importe qui d'entre nous. Ainsi, il aurait certainement jugé que sa fille Aïcha n'a pas été instruite d'une manière satisfaisante comme l’exige le Coran explicitement, donc ni le prophète(*) ni Abou Bakr ne pouvaient transgresser les clauses dictées dans le Coran.

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    PREUVE N°9 : CONSENTEMENT AU MARIAGE

    * La femme doit donner son consentement pour rendre un mariage licite (Mishakat al Masabiah, la traduction par James Robson, Vol.1, p. 665).

    * Il est inconcevable qu’un homme aussi intelligent qu'Abou Bakr, prendrait au sérieux la permission d'une fille immature de sept ans pour épouser un homme de 50 ans.

    * De même le prophète(*) n'aurait pas accepté la permission donnée par une fille qui, selon le hadith de Mouslim, a pris ses jouets avec elle quand elle est allée chez le prophète(*).

    Conclusion n° 9 : Le prophète(*) n'a pas épousé Aïcha à l’âge de neuf ans parce qu'il aurait transgressé la clause légale exigée par le Coran, et ceci n’est pas concevable à son égard.

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    CONCLUSION

    * Il n'était ni une tradition, ni une habitude, chez les arabes du septième siècle, de donner leurs filles en mariage à un âge aussi jeune que sept ou neuf ans, et notre prophète(*) n'a pas fait l’exception pour épouser Aïcha à un si jeune âge.

    * Le peuple de l'Arabie n'a jamais fait l'objet d’un mariage de la façon dont il a été relaté par les rapporteurs de Hadith (Mohadithines) qui se contredisent visiblement sur un même sujet.

    * Évidemment, le récit du mariage de Aïcha à neuf ans, rapporté premièrement par Hisham ibn`Urwah, ne peut être pris au sérieux quand beaucoup d'autres récits le contredisent.

    * De plus, il n'y a absolument aucune raison d'accepter le récit de Hisham ibn`Urwah quand d'autres savants, y compris Malik ibn Anas, considèrent que ses récits sont comme incertains et non fiables après son immigration en Irak où il a été sujet à des problèmes.

    * Les citations de Tabari, Boukhari et le Mouslim montrent qu'ils se contredisent quant à l'âge d'Aïcha. En outre, beaucoup de ces savants se contredisent dans leurs propres rapports.

    * Donc, il n'y a absolument aucune raison de croire aux récits sur l'âge de Aïcha, quand il y a de très bonnes raisons pour les rejeter.

    © Dr Ahmed Amine

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    VIDÉOS

    Age de Aïcha lors de son mariage 

    https://www.dailymotion.com/video/xblsmd

    Quel âge avait Aïcha lors de son mariage ?

    https://www.dailymotion.com/video/xbo694

    Aïcha était âgée de 18-19 ans

    https://www.dailymotion.com/video/xbqhro


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  • Cologne : Analyse de la sociologue Algérienne Marieme Helie Lucas

    ACTUALITÉS

    https://www.youtube.com/watch?time_continue=1&v=z6gonnEEKjA

    Source : http://www.telerama.fr/idees/apres-cologne-nous-voyons-en-europe-les-signes-precurseurs-de-la-montee-de-l-extreme-droite-integriste,137685.php

    * Après Cologne, la sociologue algérienne Marieme Helie Lucas prévient : "les agressions contre les femmes traduisent la montée d'un intégrisme musulman, qui n'est rien d'autre qu'une nouvelle forme d'extrême droite".

    * Cologne, 31 décembre : des centaines de femmes encerclées, agressées, violées parfois, par des hommes en bandes, immigrés pour la plupart. Des scènes semblables ont eu lieu en Suède, en Autriche, ailleurs en Allemagne. Chaque fois, police et médias ont commencé par étouffer l'information. Cacher l'offense pour ne pas être taxés de racisme? Dénoncer un «choc des cultures» et un islam forcément sexiste, dans le climat explosif des vagues de migrants et de poussées des communautarismes? Le malaise est palpable, les amalgames, nombreux.

    * Et le silence, impardonnable. Il faut reconnaître dans ces attaques ciblant les femmes «un signe avant-coureur de la montée intégriste», affirme la sociologue algérienne Marieme Helie Lucas, fondatrice en 2005 du réseau international Secularism is a women's issue ("La laïcité, ça concerne les femmes", SIAWI). Avant de dénoncer la «lâcheté politique de ceux qui regardent cette ascension» sans réagir.

    Que vous inspirent les agressions sexuelles du 31 décembre et la réaction des autorités allemandes ?

    * Elles ont eu lieu dans une dizaine de villes, dans cinq pays en même temps, ce qui suggère une forme de coordination. Les féministes ont dénoncé leur occultation délibérée par les gouvernements européens - et les médias. La gauche a dénoncé l'utilisation de ces événements par l'extrême droite xénophobe raciste, qui s'en prend à tout "étranger" : migrant, immigré, demandeur d'asile, et jusqu'au citoyen dont l'origine étrangère remonte à plusieurs générations. Je rejoins ces protestations, mais un élément manque cruellement : la dénonciation de l'intégrisme musulman en tant que nouvelle force d'extrême droite.

    * Un problème majeur réside dans l'incapacité mortifère de la gauche européenne à soutenir les droits des femmes contre toute agression, quel que soit l'agresseur, à s'opposer aux attaques racistes de l'extrême droite traditionnelle, et simultanément à dénoncer l'extrême droite intégriste. Ceci découle de l'inaptitude de la gauche à reformuler la théorie de l'"ennemi principal" – l'impérialisme américain ; reformulation pourtant ­nécessaire devant le risque d'être débordé par l'"ennemi secondaire" – l'intégrisme armé. Il en résulte une scandaleuse hiérarchie des droits, où ceux des femmes sont placés au bas de l'échelle, après les droits des minorités, les droits religieux ou culturels.

    On sent un réel sentiment d'urgence dans vos propos...

    * Oui ! Il est urgent que la gauche nous entende enfin, avant qu'en Europe l'affrontement entre extrême droite xénophobe et extrême droite intégriste musulmane ne devienne ingérable, et que, dans nos pays, la résistance à l'intégrisme ne soit totalement éteinte dans le sang. Nous voyons en Europe les signes précurseurs de la montée de l'extrême droite intégriste, que nous avons déjà vécue dans nos pays.

    * Depuis les années 1990, quand les groupes intégristes armés ont occupé des territoires en Algérie et y ont imposé leurs lois, les féministes algériennes n'ont cessé d'informer la gauche européenne, ses médias et les organisations internationales de droits humains, notamment des crimes contre les femmes. Sans obtenir leur soutien. Tout ce que la presse feint de découvrir au Moyen-Orient aujourd'hui a été testé dans le laboratoire intégriste algérien : les femmes y ont été kidnappées, réduites en esclavage domestique et sexuel, engrossées de force pour produire de «bons musulmans» ; les récalcitrantes ont été brûlées vives, torturées, mutilées, décapitées, leurs têtes promenées en parade en public.

    * La liste des victimes montre un pourcentage énorme de femmes tuées, et certaines professions féminines ont été spécialement ciblées (coiffeuses, esthéticiennes). Le lien doit être fait entre les attaques contre les femmes en Algérie, en Tunisie, en Egypte, au Mali et celles qui viennent de se passer en Europe. Même si l'ampleur des événements n'est en rien comparable, il faut y reconnaître un signe avant-coureur de la montée intégriste.

    Par peur d'être taxés d'islamophobie, les dirigeants européens sont-ils, selon vous, en train d'abdiquer le principe d'égalité entre hommes et femmes ?

    * Partout, des gouvernements sont prêts à vendre les droits des femmes pour obtenir la paix sociale avec les forces réactionnaires qui les mettent en question. Il suffit de voir le temps qu'a mis la France, pour ménager la droite chrétienne, à changer sa loi nataliste de 1920 [réprimant l'incitation à l'avortement et aux pratiques contraceptives, NDLR] et à accepter les droits reproductifs [libre choix de la contraception, de la sexualité, du mariage... NDLR].

    * Aujourd'hui, les intégristes ont presque réussi à faire accepter l'idée que l'islam, c'est eux, qu'ils en sont les seuls légitimes représentants et que quiconque s'oppose à leurs élucubrations supposément religieuses s'attaque donc à l'islam même. Le terme «islamophobie» illustre leur stratégie : osez me contredire et je vous accuse de haïr l'islam. Ils ont aussi réussi à imposer le mot "charia" (au sens de "la loi islamique" au singulier), alors qu'il existe des centaines de lois différentes, voire contradictoires. L'adoption irréfléchie des concepts forgés par les intégristes pour propager leur doctrine en Europe est fort inquiétante.

    * Au nom de l'anti-impérialisme et de l'antiracisme, la gauche européenne abandonne les anti-intégristes des pays musulmans, ainsi que ceux issus de l'immigration en Europe. Or, nous avons besoin de la gauche pour empêcher la récupération de nos protestations par l'extrême droite xénophobe, qui rêve de transformer notre dénonciation de l'intégrisme en une attaque contre l'islam, entraînant de possibles pogroms contre les présumés musulmans.

    Certains musulmans assimilent toute féminité libre à une forme de prostitution. On est bien loin du président Nasser, dans les années 1950, moquant publiquement les Frères musulmans qui voulaient imposer le voile aux femmes égyptiennes...

    * Ce n'est donc pas l'islam qui est en cause – Nasser était un bon musulman, et un laïque au moment de sa montée au pouvoir –, mais une force politique d'extrême droite, camouflée en mouvement religieux. D'autres extrêmes droites ont aussi prôné le contrôle des femmes et de leur sexualité, voire leur instrumentalisation politique. Je pense aux politiques restrictives sur la contraception de la droite catholique dans l'Espagne franquiste ou à la demande de «surproduction» faite aux femmes par l'Allemagne nazie ou l'Italie mussolinienne.

    * L'armée des intégristes orthodoxes serbes a pratiqué le même programme d'engrossement systématique des femmes bosniaques que les soldats de Daech sur les femmes yazidies, ou ceux du GIA sur les Algériennes.

    * Le contrôle de la sexualité des femmes (et la sanction draconienne des récalcitrantes) est un indicateur fiable de la nature d'extrême droite de mouvements politiques. Leur montée au pouvoir s'explique en partie par la lâcheté politique de ceux qui regardent cette ascension, en espérant qu'ils n'en seront pas eux-mêmes affectés.

    Dans les régimes musulmans, c'est le pouvoir lui-même qui entérine l'infériorité des femmes...

    * Oui, et dans d'autres, elles ont beaucoup de droits ! Il règne dans le monde musulman une diversité infinie de lois, toutes supposées en conformité avec l'islam. Ici, les femmes peuvent devenir chef d'Etat, juge, chauffeur de taxi, ont des droits égaux à ceux des hommes dans le mariage [le premier ministre du Bangladesh est ainsi une femme, Sheikh Hasina, NDLR]. Là, elles sont entièrement soumises, mariées de force dès l'enfance [comme en Arabie saoudite, NDLR]. Cela rend évident que les lois dites musulmanes sont bien faites par des hommes, les pouvoirs politiques réactionnaires utilisant la légitimation religieuse pour servir leurs intérêts.

    Peut-on parler à Cologne d'un "choc des cultures", avec tous les risques de récupération politique que cela implique ?

    * Dans nos pays, les intégristes baptisent kofr ("mécréant") tout citoyen – croyant musulman, laïque ou athée – qui refuse l'enfermement et l'asservissement des femmes, la mise à mort des incroyants, l'Etat théocratique. Ils estiment avoir le droit et le devoir de les exterminer physiquement – exactement comme la notion d'untermensch ("sous-homme") a permis aux nazis de justifier l'extermination des Juifs, des communistes, des gays, des Roms ou des déficients mentaux.

    * Ali Belhadj, vice-président du Front islamique du salut en Algérie, annonçait avant les élections de 1992 que, si le FIS les remportait, il ne s'en tiendrait plus d'autres et affirmait : "Quand on a la loi de Dieu, pourquoi aurait-on besoin des lois des hommes ? Il faut tuer tous ces mécréants." Démocrates, tenez-vous-le pour dit : vous êtes des mécréants opposés à la loi de Dieu, vous méritez la mort.

    * Le concept de choc des cultures entre Islam et Occident est peu scientifique : il n'existe pas une culture musulmane unique, commune à plusieurs continents, à des pays aux niveaux de développement économique, social, culturel, complètement différents... Cette homogénéisation sous la bannière de "leur" islam est bien le programme des intégristes, mais fort heureusement ils sont encore loin de l'avoir imposé partout. Je parlerais plutôt d'un choc entre fascistes et antifascistes.

    * En Europe ou dans les pays dits musulmans, des féministes et des forces de progrès défendent les droits des femmes et s'opposent au projet théocratique des intégristes. En Algérie, la quotidienne résistance populaire aux intégristes armés – les femmes en première ligne – a empêché, au prix de centaines de milliers de victimes pendant la décennie 1990, l'accession au pouvoir du FIS et du GIA.

    * Je connais partout des organisations de femmes qui luttent pour leurs droits contre les intégristes musulmans, qui veulent des états laïques quelle que soit leur foi personnelle : du Pakistan à l'Algérie, de l'Afghanistan au Mali, du Soudan à l'Iran, de la Bosnie à l'Ouzbékistan.

    * En Europe et en Amérique du Nord, ce sont des femmes dont les familles sont originaires de pays dits musulmans qui sont à la tête de la plupart des organisations féministes laïques. Elles ont de bonnes raisons pour défendre la laïcité, car elles – ou leur famille proche – ont souvent une expérience de première main de ce que signifie vivre sous la botte intégriste. Toutes ces féministes, ces progressistes méritent d'être soutenues par leurs homologues en Europe. C'est cette alliance-là qu'il faut réaliser.

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